Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

Mont Notre-Dame (Sherbrooke)

La fondation de l’école Mont Notre-Dame est le fruit de l’initiative de Clara Lloyd Felton. Dès le début des années 1850, celle-ci manifeste son souhait que les jeunes filles de la ville de Sherbrooke puissent avoir accès à un enseignement catholique. Pour ce faire, elle lance une campagne de souscription. Les fonds recueillis permettent la construction d’un couvent au sein duquel, en 1857, trois religieuses de la Congrégation de Notre-Dame créent une école pour jeunes filles. Le diocèse de Sherbrooke n’existe pas encore, puisqu’il est créé en 1874, et le territoire est alors considéré comme une terre de colonisation.

Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, l’institution acquiert un prestige qui lui assure un rayonnement à l’extérieur du diocèse de Sherbrooke. La réputation de cet établissement franchit même les frontières canadiennes. C’est ainsi que, vers 1870, l’école est fréquentée par près de deux cents élèves externes et pensionnaires, dont plusieurs viennent des États-Unis. La popularité croissante de l’établissement impose rapidement qu’on l’agrandisse. En 1875, une annexe doublant la superficie du bâtiment est construite. Sur le plan académique, on accorde dès la fondation de l’école une importance particulière à l’enseignement de la musique et des arts, comme en témoigne notamment l’acquisition de deux pianos en 1859. D’autres domaines, tels que la littérature et l’économie domestique, y sont enseignés. De plus, à partir des années 1890, des enseignants masculins du Séminaire de Sherbrooke viennent enseigner des matières telles que le latin, la chimie et la philosophie.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, l’école connaît une véritable effervescence et se transforme tant sur le plan architectural qu’éducatif. En 1901, une annexe de quatre étages est construite. Après cet agrandissement, en 1902, l’école prend le nom de Mont Notre-Dame. L’établissement est alors fréquenté par près de cinq cents jeunes filles, auxquelles enseignent trente-cinq religieuses. Devenue une des institutions les plus estimées de la ville, l’école reçoit de célèbres visiteurs internationaux. En 1903, le Mont Notre-Dame accueille la célèbre cantatrice Emma Albani et, en 1914, il est visité par le prince Arthur du Royaume-Uni et son épouse. Même si plusieurs annexes ont été ajoutées au bâtiment original, le nombre d’élèves fréquentant l’établissement rend nécessaire son agrandissement au début du XXe siècle.

En 1926, des travaux effectués selon les plans du réputé architecte Louis-Napoléon Audet mènent à la création de deux nouvelles ailes et à la destruction du premier bâtiment. Ce développement immobilier s’accompagne d’une diversification des cours offerts. Ainsi, dans les années 1920, l’établissement offre une formation de la première à la huitième année. Les élèves choisissent le programme qu’elles suivront en septième et en huitième année. Elles peuvent s’inscrire à un cours commercial bilingue, à un cours régulier menant à l’obtention d’un brevet d’enseignement ou à un cours gradué permettant l’obtention du diplôme du cours lettres-sciences de l’Université de Montréal. De plus, une école ménagère créée en 1915 permet aux femmes adultes et aux étudiantes d’acquérir une formation relative aux arts ménagers. En 1918, l’école du Mont Notre-Dame acquiert le statut d’école supérieure et s’affilie à l’Université de Montréal afin d’offrir aux femmes francophones la possibilité de passer des examens universitaires.

Au cours des années 1950 et 1960, le Mont Notre-Dame continue de diversifier l’offre de ses programmes. À partir de 1954, l’école est affiliée avec l’Université de Sherbrooke en ce qui concerne son diplôme du cours lettres-sciences. Deux ans plus tard, en 1956, on crée, en collaboration avec l’université nouvellement fondée, une école de sciences domestiques, couvrant des domaines aussi variés que la nutrition, la psychologie, la chimie et la décoration intérieure. L’affiliation de l’école avec l’université ne mène toutefois pas à un désintéressement en ce qui concerne l’enseignement aux jeunes. En 1961, l’établissement ouvre une classe de maternelle mixte. C’est ainsi qu’au début des années 1960 l’école du Mont Notre-Dame, toujours dirigée par des sœurs de la Congrégation Notre-Dame, offre des cours de niveau maternelle, primaire, secondaire et universitaire.

La diversité des programmes diminue toutefois au cours de la décennie suivante. En 1970, la maternelle cesse d’exister puis, quatre ans plus tard, en 1974, le pensionnat du niveau secondaire ferme ses portes. C’est également pendant cette décennie que l’école cesse de donner le cours de niveau primaire, pourtant le premier cours offert par l’établissement, qui devient un lieu d’enseignement secondaire uniquement. Enfin, en 1976, les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame annoncent leur retrait de la direction de l’école, dont le nom devient Collège Mont Notre-Dame de Sherbrooke Inc. Une sœur continue toutefois d’y enseigner la musique jusqu’en 2001.

Fondée vers la moitié du XIXe siècle, l’institution qui fut connue sous les noms de Couvent de la Congrégation de Notre-Dame, de Mont Notre-Dame puis de Collège Mont Notre-Dame de Sherbrooke a indéniablement marqué l’histoire de Sherbrooke et de l’Estrie. Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ont rapidement permis à l’établissement de devenir, au tournant du XXe siècle, un des lieux les plus réputés de la ville de Sherbrooke. Les sœurs œuvrant au sein de cet établissement ont permis à une multitude de filles catholiques et francophones d’avoir accès à une éducation riche et diversifiée, pour mieux préparer celles qui le souhaitaient à poursuivre des études universitaires ou des carrières dans le milieu des affaires ou de l’enseignement.