Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

Histoire

Image de saint Pierre-Julien Eymard, fondateur de la Congrégation du Très-Saint-Sacrement , Centre d'archives Mgr-Antoine-Racine cote AIA6.001
Icône de saint Pierre-Julien Eymard, Collection photographique des Servantes du Très Saint-Sacrement
Cénacle des Servantes du Très-Saint-Sacrement , situé au 580, rue Dufferin à Sherbrooke, Centre d'archivesMgr-Antoine-Racine cote APA201.002
Extérieur de la chapelle des Servantes du Très-Saint-Sacrement , située au 580, rue Dufferin à Sherbrooke, durant sa construction en 1925, Centre d'archives Mgr-Antoine-Racine cote APA201.001
Consécration de la nouvelle chapelle, 1963, Collection photographique des Servantes du Très-Saint-Sacrement

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La congrégation des Servantes du Très-Saint-Sacrement est fondée à Paris en 1859 par saint Pierre-Julien Eymard. Il s’agit d’une communauté contemplative vouée à l’adoration eucharistique et, plus précisément, à l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement.

Peu de temps après s’être établi à Chicoutimi en 1903, la communauté envisage de s’installer dans le diocèse de Sherbrooke. En 1910, la communauté se heurte toutefois à un refus de la part de Mgr Paul LaRocque. Sensible à « l’efficacité toute spéciale de la prière eucharistique », l’évêque de Sherbrooke se ravise toutefois en 1925 et les invite à s’installer à Sherbrooke. Leur venue doit permettre l’instauration dans le diocèse de Sherbrooke, d’un lieu de culte voué à l’exposition du Saint-Sacrement et d’une maison de retraites fermées pour dames et jeunes filles.

Mgr LaRocque leur propose de s’installer sur « la magnifique Avenue Dufferin », alors ombragée par de grands ormes. Au cours de l’été 1925, la communauté achète la maison « Lawrence » et la maison « Tuck », et procède aussitôt à leur rénovation. Les deux maisons sont transformées en un couvent et en une maison pour retraitantes connue sous le nom de « Villa Notre-Dame du Saint-Sacrement ». Les sœurs entreprennent également la construction d’une chapelle permettant d’unir les deux maisons. En janvier 1926, les travaux sont terminés. Trois ans plus tard, en 1929, la communauté fait l’acquisition de  la « maison Webster », qu’elle renomme « Maison Sainte-Anne ».

Bien que cloîtrées, les Servantes du Très-Saint-Sacrement ont un rôle actif dans le développement des associations catholiques du diocèse de Sherbrooke. En 1926, elles fondent l’Agrégation du Très Saint Sacrement. C’est notamment par l’entremise de cette association toujours existante que les sœurs parviennent à promouvoir l’adoration eucharistique dans le diocèse. De plus, pendant près d’un quart de siècle, soit entre 1926 et 1958, les Sœurs du Très-Saint-Sacrement accueillent des retraitantes.

Les maisons acquises par la communauté sont situées dans un des secteurs les plus prisés de Sherbrooke, mais également dans un des quartiers les plus anciens. La vétusté des lieux devient manifeste au début des années 1940. En janvier 1944, alors que Mgr Desranleau visite la villa de la communauté, il considère que sa décrépitude est telle qu’elle rend nécessaire la construction d’un nouvel établissement. Dès l’été de la même année, il autorise la communauté à construire un nouveau couvent de trois étages. Le 1er septembre 1945, le couvent est terminé.

Dix ans plus tard, en 1955, c’est la chapelle, devenue trop petite et trop froide, qui est reconstruite avec la bénédiction de Mgr Cabana. Cette chapelle, dédiée à Saint Pierre-Julien Eymard, est consacrée en 1963 par ce même archevêque. Ses successeurs, Mgr Fortier et Mgr Gaumond, soulignent, en 1976 et 1996, les 50e et 70e anniversaires de fondation de cette communauté profondément enracinée dans l’histoire de Sherbrooke. Bien que l’absence d’une relève ait presque provoqué la disparition de l’établissement sherbrookois en 2005, ce dernier devient la maison générale de la congrégation en 2008. La survie du couvent est désormais assurée par la venue de nombreuses religieuses provenant de divers pays, notamment des Philippines et du Vietnam. C’est grâce au dévouement de ces sœurs, ainsi que celui de celles qui les ont précédées, que la communauté est encore présente dans le diocèse de Sherbrooke.