Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

Histoire

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Les Bénédictins qui se sont installés sur les rives du lac Memphrémagog en 1912, tiennent leur origine de la congrégation de l’abbaye de Saint-Wandrille. Cette communauté originaire de France s’était exilée en Belgique en 1901, suite à l’adoption de la loi du 1er juillet 1901, qui était contraignante pour les communautés religieuses. Cette communauté bénédictine envisage, dès le début du XXe siècle, de s’établir au Canada. Un jeune prêtre du diocèse de Saint-Hyacinthe et étudiant de l’Université de Louvain, l’abbé Joseph Lafrenière, suscite l’intérêt des moines pour le diocèse de Sherbrooke. C’est dans ce contexte que le fondateur de l’abbaye Saint-Benoît-du-Lac, dom Paul Vannier, entreprend, au mois de mai 1912, de traverser l’Atlantique afin de se rendre au Canada, pays qu’il avait toujours rêvé de visiter.

Après un voyage de 12 jours, Dom Vannier arrive à Montréal, puis prend un train pour se rendre à Sherbrooke. Dans cette ville, Mgr LaRocque le reçoit chaleureusement. Dom Vannier a même l’occasion de prêcher à la cathédrale, où il se démarque rapidement par son éloquence. À la recherche d’une propriété, Dom Vannier visite la région de Magog et acquiert une maison de ferme située sur le Cap Gibraltar, qu’ils baptisent Saint-Benoît-du-Lac. En décembre 1912, le monastère est inauguré, bien que la communauté se limite à un prêtre et deux frères. Bien qu’ils soient peu nombreux, les moines assurent, de ministère paroissial dans la mission de Saint-Luc de Millington (1913 à 1944). En 1914, alors que la subsistance de l’abbaye n’est toujours pas assurée, Dom Vannier se noie tragiquement dans le lac Memphrémagog. Bien que fortement ébranlée, la communauté ne quitte pas le diocèse. Afin de recruter de nouveaux membres, un noviciat est instauré dans le monastère dès 1924.

Jusqu’aux années 1930, la communauté connaît une période difficile caractérisée par une situation financière incertaine et un recrutement limité. À partir des années 1930, et pendant près de trois décennies, la communauté connaît toutefois un essor remarquable. Le monastère se dote d’une fromagerie lui permettant d’assurer sa subsistance en plus de mettre sur pied, en 1941, une hôtellerie pour recevoir des groupes d’hommes pour des retraites fermées. Le monastère est reconnu comme un prieuré en 1935, puis est élevé, en 1952, au rang d’abbaye.

Depuis les années 1960, la communauté a notamment ajouté à ses activités la production de cidres, un atelier d’arts graphiques et une imprimerie. Le nombre de nouveaux postulants est toutefois limité. Les moines sont toujours présents dans le diocèse de nos jours. La riche histoire de l’abbaye Saint-Benoît-du-Lac, son hôtellerie et la renommée des produits fabriqués et vendus par les moines font du monastère un lieu incontournable de la région estrienne.