Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

Activités de financement

La congrégation des sœurs Adoratrices du Précieux-Sang est contemplative. Dans l’horaire quotidien des sœurs, la prière est omniprésente, mais entre les laudes du matin et les vêpres du soir, elles parviennent à consacrer quelques heures à des travaux manuels.

Les sœurs cherchent à ne pas accorder trop d’importance aux préoccupations temporelles, mais elles sont conscientes de la nécessité d’assurer un revenu à leur communauté. En 1897, elles obtiennent de Mgr LaRocque le droit exclusif de fabriquer les hosties pour toutes les églises du diocèse. La communauté de Sherbrooke se spécialisait également dans la production de figurines de cire de l’Enfant Jésus pour les crèches et de crucifix « ensanglantés ». Leur artisanat réputé s’appuyait sur un savoir-faire qui se transmettait entre les membres de la communauté. Sœur Ursule Grenier a produit de tels crucifix à partir de la fin des années 1930, et ce, jusqu’à la fermeture du couvent de Sherbrooke.

Le travail des sœurs était effectué dans un esprit d’autarcie. Pour se nourrir, elles installèrent près de leur monastère de la rue Dufferin une ferme comptant trois vaches, une cinquantaine de poules, ainsi qu’un potager, un verger et une serre. Elles durent toutefois se départir de leurs vaches lors de la construction du pont Terrill et de ses voies d’accès dans les années 1960. À cette volonté d’autosuffisance, la communauté conjuguait une remarquable frugalité. Jusqu’en 1964 environ, toutes les cellules du quatrième étage de leur couvent n’étaient éclairées qu’à la chandelle.

En 1991, le manque de relève et le vieillissement des sœurs de la communauté de Sherbrooke les contraignent à quitter leur monastère devenu trop grand. Elles s’installent temporairement à Waterville, puis emménagent à la maison généralice de leur congrégation à Saint-Hyacinthe. Une sœur y pratique toujours la réparation des figurines de cire de l’Enfant-Jésus, bien que la production de ces dernières ait cessé au moment de la fermeture du monastère de Sherbrooke. Le savoir-faire de cette sœur, tout comme celui de sœur Ursule Grenier, est par ailleurs considéré comme un élément du patrimoine immatériel religieux du Québec.