Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

Villa Sainte-Scolastique

Villa Sainte-Scolastique, Collection photographique de l'Abbaye Saint-Benoit.

La  Villa Sainte-Scholastique est une maison dédiée à accueillir les femmes souhaitant effectuer une retraite à l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac. La fondation de cet établissement situé non loin de l’abbaye n’a été rendu possible que grâce à l’intervention de Clotilde Mathys. Cette oblate séculière qui avait effectué un séjour dans une abbaye belge, se désolait qu’il soit impossible pour des femmes d’effectuer une retraite à l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac. 

Vers 1927, elle contacte le père Cosse, supérieur de la communauté, qui lui répond qu’il serait disposé à faire construire une maison pour accueillir des retraitantes, mais que la communauté n’a pas les ressources pour entreprendre un tel projet.  Afin que ce projet se réalise, la famille Mathys prête à la communauté la somme de 3000 $, sans exiger d’intérêts. Clotilde reçoit même, de la part de sa mère, la somme de 500 $ afin de meubler la maison lorsque celle-ci sera construite. Le 30 mai 1927, l’emplacement de la villa est choisi et sa construction est terminée près d’un an plus tard. Au printemps 1928, Clotilde s’installe dans la maison avec une autre oblate. La maison est ouverte aux retraitantes à partir du 1er juin 1928, au coût de 1,50 $ par jour.

Dès sa fondation, la villa Sainte-Scholastique est plus qu’un service d’hôtellerie. Madame Mathys et ses compagnes Oblates mènent une vie inspirée par les règles bénédictines. Elles envisagent de fonder une œuvre bénédictine féminine et obtiennent même le support du père Cosse. En revanche, plusieurs moines s’opposent à ce projet et, le 11 avril 1928, il est voté que la villa ne soit qu’une maison de retraites. Suite à cette décision, Clotilde Mathys quitte la villa, mais sa famille continue de supporter les Bénédictins. Ils transforment leur prêt en don, assumant, par le fait-même, plus du deux-tiers des coûts liés à la construction de la villa.

Afin de prendre en charge la Villa, les Bénédictins invitent des religieuses de la Congrégation Notre-Dame de Mont-Laurier.  Celles-ci arrivent le 30 août 1930 et assurent l’accueil des retraitantes, jusqu’en 1987. Depuis, ce sont les Sœurs de la Présentation de Marie qui assument cette fonction.

Maison de retraites pour femmes, la Villa Sainte-Scholastique est le fruit du dévouement de Clotilde Mathys et sa famille. Cette femme inspirée par les idéaux bénédictins a grandement contribué à la création de cette maison de retraites. Bien qu’en d’autres circonstances, il aurait vraisemblablement pu devenir le siège d’une communauté monastique féminine, l’établissement est demeuré fidèle à sa vocation initiale et continue d’accueillir des retraitantes.