Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

Académie Sainte-Marie (Sherbrooke)

Académie Sainte-Marie, 318_060

En 1886, les citoyens de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke demandent au Bureau des commissaires d’écoles catholiques romains de la Cité de Sherbrooke une école pour l’instruction de leurs filles. Il est alors convenu avec la supérieure générale de la Congrégation de Notre-Dame que deux sœurs viendraient enseigner aux jeunes filles. Sœur Saint-Épiphane (Marie-Célina Cloutier) et sœur Saint-Jean-du-Sauveur (Ann Catherine Carey) arrivent en septembre de la même année dans une maison de briques de deux étages pour s’occuper des 84 élèves inscrites. À la fin de cette année scolaire, c’est plus de 145 élèves qui terminent leur classe avec les deux religieuses. Une allonge en bois est construite dès 1889 afin de permettre la création de nouvelles classes. L’espace disponible demeure néanmoins limité. Cette situation s’améliore lorsqu’en 1902, les Frères du Sacré-Cœur déménagent dans un nouvel établissement. Ils donnent aux sœurs de la Congrégation de Notre-Dame le bâtiment de leur ancienne école. Les sœurs font aussitôt de ce bâtiment, situé au coin des rues Saint-Jean et du Conseil, le lieu de leur nouvelle école. Celle-ci demeure toutefois trop petite et dès 1912, la construction d’un nouveau bâtiment est entreprise, puis terminée en 1913.

Jusqu’en 1913, les religieuses offrent des cours de la première à la sixième année, puis avec les agrandissements successifs de l’école, elles ont pu ajouter les classes de la septième à la neuvième année, en plus de l’enseignement ménager en 1923. En 1922, une école normale temporaire est instituée dans l’établissement et assure la formation d’enseignantes jusqu’à la construction de l’École normale Marguerite-Bourgeoys en 1925.

Alors que l’offre de cours se diversifie et que l’école s’agrandit, le nombre d’élèves augmente. L’Académie Sainte-Marie est fréquentée par 324 jeune filles en 1913 et ce nombre passe à 420 en 1923, puis 536 en 1927 et 710 en 1936.

Encore une fois, l’établissement devient trop petit pour accueillir toutes les élèves. En 1938, la construction d’une annexe permet la création de neuf salles de classes supplémentaires. Des enseignantes laïques sont engagées en plus des religieuses. L’Académie Sainte-Marie devient, de 1945 à 1958, une école supérieure, offrant aux jeunes filles les cours de la huitième à la douzième année.

À partir de 1966, l’école se limite cependant à l’enseignement primaire et devient mixte en accueillant des garçons de l’école Saint-Jean-Baptiste. La même année, les sœurs cessent d’être propriétaires de l’établissement et deviennent locataires. Elles décident de quitter leur résidence en 1977, puis l’école est fermée dès l’année suivante. Au moment de la fermeture de l’école en 1978, sœur Françoise Gagnon enseignait toujours aux enfants. Le bâtiment est vendu en 1980 à la Société d’Habitation du Québec qui, en 1982, le convertit en immeuble d’appartements.

Créée par les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame pour assurer l’éducation des jeunes filles de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, l’Académie Sainte-Marie a indéniablement contribué au développement de la ville de Sherbrooke. Les sœurs qui y ont enseigné ont permis à un nombre sans cesse croissant de jeunes filles d’avoir accès à une éducation allant jusqu’à la sixième année puis, à partir de 1913, jusqu’à la neuvième année.