Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

Mont Saint-Patrice (Richmond)

En 1881, des citoyens de Richmond envoient, avec l’appui du curé Patrick Quinn de la paroisse de Sainte-Bibiane, une requête à Mgr Antoine Racine lui demandant de faire construire une école dans leur ville. La création de cet établissement scolaire est jugée nécessaire pour le développement moral et intellectuel des enfants catholiques, sachant que les enfants protestants fréquentent des écoles. Favorable à cette entreprise, Mgr Racine permet aux citoyens d’effectuer des campagnes de souscription afin de réunir les fonds nécessaires à la construction d’écoles. La mobilisation de la collectivité est forte, et des écoles pour les garçons et les filles sont construites en 1882 et 1884 respectivement. C’est dans ce contexte que, en 1884, des sœurs de la Congrégation Notre-Dame arrivent à Richmond à la demande du curé Quinn.

Même si leur couvent est modeste, les sœurs bénéficient du soutien et de la solidarité de la population catholique de Richmond, qui est soucieuse d’assurer la survie de l’établissement. En 1897, les religieuses parviennent à acquérir le terrain, qui appartenait auparavant à l’église Sainte-Bibiane, sur lequel se trouve le couvent. La même année, elles entreprennent des travaux d’agrandissement, vu que le couvent est devenu beaucoup trop petit pour le nombre croissant d’écolières qui le fréquente. Des annexes sont également ajoutées en 1904 et en 1922.

Au Mont Saint-Patrice, les élèves peuvent faire leurs études de la première à la dixième année. L’enseignement des langues anglaise et française est obligatoire pour toutes les pensionnaires. Le catéchisme et les arts, ainsi que quelques notions d’histoire générale, de géographie et d’arithmétique sont également enseignées par les sœurs. Une laïque enseigne la musique dès 1889. D’autres formations sont ajoutées au fil des ans. Ainsi, un cours commercial, qui inclut l’apprentissage de la calligraphie et de la sténographie, est offert à partir de 1902. L’enseignement des sciences est introduit en 1916 dans le cadre d’un cours de lettres et sciences. Une formation en arts ménagers est également ajoutée à partir de 1923. À compter de septembre 1949, les élèves peuvent faire la onzième année.

Au début des années 1950, le Mont Saint-Patrice est devenu trop exigu pour le nombre croissant de jeunes filles qui le fréquente. Pour cette raison, les écoles Sainte-Famille et Notre-Dame-des-Écoles sont construites en 1951 et 1955 respectivement. Ce sont des institutions dirigées par les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, qui n’en sont toutefois pas les propriétaires. Elles sont attachées au système d’éducation publique nouvellement établi par le gouvernement provincial. Si cette initiative gouvernementale contribue indéniablement à améliorer l’accessibilité à l’éducation, elle mène toutefois à un net déclin du nombre de pensionnaires. La diminution est telle que la Congrégation décide de fermer le pensionnat du Mont Saint-Patrice en 1964. Il aura accueilli plus de 4 000 élèves au cours de son existence.

Cette fermeture ne signifie toutefois pas la fin de la contribution de la Congrégation de Notre-Dame, puisque plusieurs sœurs continueront d’enseigner au sein d’écoles publiques. Par ailleurs, la Congrégation loue jusqu’en 1981 le Mont Saint-Patrice à la Commission scolaire Morillac. Finalement, en 1983, l’organisme à but non lucratif « Les Amis de la Musique » acquiert le bâtiment afin d’en faire un centre de diffusion culturel et une école de formation musicale.

Appelées à la fin du XIXe siècle pour enseigner aux jeunes filles de la communauté catholique de Richmond, les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ont grandement contribué au développement de cette région. Malgré les épreuves auxquelles elles ont dû faire face, les religieuses ont été en mesure de fournir une éducation générale et professionnelle à un grand nombre de filles. Elles ont créé des établissements scolaires dans des milieux qui en étaient dépourvus et ont pu intégrer aussi les écoles publiques mises sur pied par le gouvernement provincial. Actuellement, l'avenir du bâtiment du Mont Saint-Patrice est incertaine. À l'heure actuelle, l'ancien couvent a une vocation culturelle et éducative qui, à certains égards, s’inscrit en continuité avec l’œuvre des sœurs venues à Richmond.