Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

École normale Marguerite-Bourgeoys (Sherbrooke)

L’École normale Marguerite-Bourgeoys était une institution destinée à la formation intellectuelle et morale d’institutrices capable d’assurer l’éducation des enfants des paroisses sherbrookoises. La fondation de l’École a longuement été souhaitée par les inspecteurs d’écoles du gouvernement et l’évêque de Sherbrooke, Mgr LaRocque, qui chérissait cette idée depuis 1899. Il faut cependant attendre en 1916 pour qu’une demande soit officiellement adressée aux sœurs de la Congrégation de Notre-Dame pour qu’elles créent une école normale à Sherbrooke.

C’est ce projet ambitieux qui mena, en 1922, à la fondation de l’École normale Marguerite-Bourgeoys. L’école n’a toutefois pas encore, à cette date, un bâtiment qui lui soit propre. Ses 26 étudiantes et enseignantes sont contraintes d’occuper quelques locaux de l’Académie Sainte-Marie jusqu’en 1925. Le manque d’espace est toutefois criant, et la nécessité de construire un bâtiment pour l’école normale se fait sentir.

Ce contexte mène à la construction d’un nouvel immeuble pour l’École normale Marguerite-Bourgeoys. Le choix de l’emplacement n’a pas été aisé et, même si un terrain situé au centre-ville a été considéré un temps, au bout du compte, celui-ci n’a pas pu accueillir la construction faute d’espace. Suivant les plans de l’architecte Louis Napoléon Audet, le bâtiment a donc été érigé sur un site bucolique de la paroisse Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, tout près du Monastère des Rédemptoristes, sur la rue Ontario.

Dès sa construction en 1925, le nouveau bâtiment a accueilli non seulement l’école normale, mais aussi l’école primaire Sainte-Anne, ce qui a créé un lieu idéal permettant aux futures institutrices d’acquérir une expérience pertinente au moyen de stages pratiques. Le cours offert par l’établissement menait à l’obtention des diplômes élémentaire, complémentaire et supérieur. À partir de 1954, les normaliennes doivent choisir entre les programmes d’une, deux ou quatre années respectivement appelés brevets « A », « B », et « C ».

Jusqu’au début des années 1960, le nombre d’étudiantes à l’École normale Marguerite-Bourgeoys augmente continuellement. Le nombre d’étudiantes pensionnaires et externes qui fréquentent l’établissement passe de 26 en 1922, à 70 en 1925, puis à 177 en 1963. De taille assez imposante, le corps professoral a connu une croissance similaire et est passé de 18 religieuses en 1925 à 32 en 1960.

Cet essor s’estompe définitivement au début des années 1960, à la suite du dépôt du rapport Parent, dans lequel il est recommandé que la formation des enseignants devienne une prérogative universitaire. Acceptée par le gouvernement, cette recommandation mène à la fermeture de 53 écoles normales au Québec entre 1965 et 1969. L’une d’entre elle, l’École normale Marguerite-Bourgeoys ferme en juin 1966. Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame acceptent alors de louer la plupart des locaux de l’immeuble à la Commission scolaire régionale de l’Estrie afin qu’elle y établisse une école secondaire pour filles connue sous le nom d’École Marguerite-Bourgeoys. Cette école ferme ses portes en 1974, malgré le mécontentement de nombreux parents vis-à-vis cette décision.

Né dans la pensée de Mgr Antoine-Racine dès l’aube du XXe siècle, le projet de création de l’École normale Marguerite-Bourgeoys répondait à un réel besoin dans la région de Sherbrooke. D’abord confinées aux locaux de l’Académie Sainte-Marie, les sœurs de l’école ont ensuite disposé d’un établissement dans le nord de la ville. L’école a connu un développement considérable qui en a fait une institution de la plus haute importance pour le milieu de l’éducation estrien. Comme les autres écoles normales de la province, l’École normale Marguerite-Bourgeoys a cessé ses activités quand il n’a plus été permis d’y assurer la formation des institutrices.