Contribution des communautés religieuses à l’histoire de l’archidiocèse de Sherbrooke

Hôpital Saint-Vincent-de-Paul (Sherbrooke)

Hôpital St-Vincent de Paul, 1909, Collection photographique des Soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe
Soeur grise en poste au bureau d’admission de l’Hôpital Général St-Vincent-de-Paul, 1954, 2000-043-3
Extérieur de l’Hôpital Général Saint-Vincent-de-Paul de Sherbrooke, [après 1906], SPA3137.004
Hôpital Général Saint-Vincent-de-Paul, [sans date], Collection photographique des Soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe
Vue générale de l'Hôpital Général Saint-Vincent-de-Paul, Collection photographique des Soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe

Lors de sa fondation en 1875, le premier hôpital de Sherbrooke, l’Hospice du Sacré-Cœur, a le double mandat de soigner les malades et d’accueillir les pauvres, les orphelins et les personnes âgées vulnérables. Au tournant du XXe siècle, le nombre croissant des patients rend impossible le cumul de ces deux fonctions au sein du même établissement. Conséquemment, les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, qui administraient l’établissement, prirent la décision de séparer l’œuvre de l’hôpital de celle de l’hospice. Convaincu de la nécessité de cette « œuvre importante entreprise pour le bien des âmes », Mgr LaRocque apporta son support aux sœurs.

La communauté souhaitait que le futur Hôpital Général Saint-Vincent-de-Paul soit situé plus près du centre de la ville, tout en étant assez isolé pour assurer aux malades un environnement apaisant et un air vivifiant.  Au mois de mai 1906, la révérende Mère Davignon, supérieure de la congrégation, décida de faire construire le nouvel hôpital sur des lots appartenant auparavant aux familles Branswell et Worthington. Les travaux de construction de l’hôpital commencèrent l’année même et furent supervisés par la révérende Mère Sainte-Marthe, ex-supérieure générale de l’Hospice du Sacré-Cœur. En octobre 1908, la révérende Sœur Perras, élue supérieure du nouvel hôpital, ainsi que six autres sœurs purent s’installer dans l’établissement nouvellement construit. Le 16 juin 1909, Mgr LaRocque procéda à la bénédiction officielle de l’hôpital.

Dès sa fondation, l’hôpital offrit des services permettant la réalisation de chirurgies, y compris de chirurgies dentaires, ainsi que le traitement des maladies infantiles, urinaires, oculaires et bactériologiques. Deux départements furent créés ultérieurement, soit le département d’histo-bactériologie en 1910 et le département de radiologie et radiothérapie en 1925.

La loi sur l’assistance publique promulguée par le gouvernement provincial en 1921 permit aux sœurs de bénéficier d’un revenu supplémentaire, car les coûts pour soigner les malades pauvres devinrent partiellement assumés par la municipalité et le gouvernement provincial.  

Ces fonds permirent notamment aux sœurs de moderniser leur hôpital et de l’agrandir au cours des décennies subséquentes. Au cours des années 1940, l’Hôpital Saint-Vincent de-Paul se dota de sept nouveaux services, bien qu’elle cessa d’offrir celui de la chirurgie dentaire. Une école de radiologie fut également créée en 1942. L’excellente réputation de l’Hôpital mena l’Université de Montréal et l’Université Laval à s’affilier avec elle en 1954 et 1956.

Malgré ces initiatives, l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul souffrit de sa concurrence avec l’Hôtel-Dieu et éprouva des difficultés financières face aux coûts exponentiels de la modernisation de ses équipements médicaux. En 1965, ces difficultés, ainsi que la sécularisation de la société, mena les sœurs à vendre l’Hôpital à un groupe laïcs pour la somme symbolique de 1 $.